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le 6 avril 2006, par David Prud'hommme, 01net.
Emergent il y a un an, le marché français
de la vidéo à la demande sur Internet est
en plein essor. L'Hexagone, selon une étude, fait
désormais bonne figure en Europe.
L'année 2006 devrait être l'an un de la vidéo
à la demande (VOD) en France. L'étude* présentée
mercredi 5 avril par le Centre national de la cinématographie
(CNC) et réalisée par NPA Conseil montre que
tous les éléments sont réunis pour
assister à l'envol de ce marché.
Hors les pionniers que sont Moviesystem (lancé en
2002 et repris par CanalPlay) et MaligneTV (lancée
à Lyon en 2003), la France était plutôt
en retard sur ses voisins européens. En Italie, Fastweb
a ouvert la voie dès 2001 et détient aujourd'hui
un large catalogue de 5 000 titres, dont 700 films. En Allemagne,
les FAI Arcor et Alice se sont lancés respectivement
en 2002 et 2003.
Aujourd'hui, avec treize acteurs - deux fois plus qu'ailleurs
- proposant des catalogues complémentaires, avec
des prix allant de 1 à 5 euros, et un taux de pénétration
du haut-débit parmi les plus importants d'Europe,
la France a rattrapé ses voisins. L'offre y est tout
aussi fournie et plus variée.« L'hétérogénéité
de l'offre, que ce soit selon l'origine géographique,
le type de document audiovisuel (fiction ou documentaire)
ou encore le public qu'elle vise (grand public avec les
blockbusters américains ou de niche avec des documentaires
spécialisés), est représentative de
la diversité de la production française »,
se satisfait, Michel Gomez, délégué
général de l'ARP (société civile
des Auteurs réalisateur producteurs), qui a participé
au financement de l'étude.
Des acteurs de tout type
Le tournant, selon les auteurs de l'étude, a eu
lieu lors du dernier trimestre 2005 qui a vu le lancement
de plusieurs gros acteurs du marché : TF1 avec TF1Vision,
TPS avec TPS-Vod.fr, M6 avec M6 HD et Canal+ avec CanalPlay.
Mieux positionnés pour négocier les droits
sur les nouveautés issues des majors du cinéma,
ces acteurs ont dopé l'offre. CanalPlay via Free
et MaligneTV, a enregistré 300 000 commandes de films
à fin 2005, en moins de trois mois d'exploitation.
Free, sur le seul mois de décembre en a diffusé
la moitié, soit 150 000.
Avec le lancement d'Arte VOD en février et l'expérimentation
de France Télévisions sur la diffusion de
la série des « Rois maudits », toutes
les grandes chaînes sont désormais représentées.
A leurs côtés, les FAI, comme France Télécom
(MaLigneTV et 24/24 Video) et Free utilisent ce service
comme un outil de fidélisation et d'optimisation
du revenu moyen par abonné. Club-Internet, Alice,
neuf telecom, AOL devraient proposer une offre dans le courant
de l'année.
On trouve également des acteurs spécialisés
tels Cinezime, W4tch TV, TéléSavoirs,
Vodeo.Tv, des agrégateurs de contenus issus de divers
catalogues. L'avenir de ces derniers dépend des relais
qu'ils trouveront auprès des grands portails comme
Yahoo! ou Google. Pour eux, la sauce commence à prendre.
Lancé en septembre 2005, Vodeo.Tv indique, par exemple,
avoir vu son taux de transformation (une visite se concluant
par un achat) multiplié par trois durant le premier
trimestre 2006.
Un second marché pour l'audiovisuel
Pour Michel Gomez, la VOD constitue également un
second marché pour la production audiovisuelle. Frédéric
Pie, fondateur et président de La Banque audiovisuelle
(Vodeo.Tv) en témoigne :« Sur les 1700 documentaires
disponibles, 84 % d'entre eux ont été achetés
au moins une fois et parmi eux, 45 % n'ont pas fait l'objet
d'une mise en avant. » Autre signe que l'offre de
VOD se distingue de l'offre des diffuseurs (grande chaîne
ou réseau de distribution des films en salles) :
aux Etats-Unis, Netflix comptait 3 films dans son top 10
VOD de l'année 2004 ne faisant pas partie du top
10 dubox office.
Selon NPA Conseil, au total plus de 700 films long-métrages
(hors films X) étaient disponibles début 2006
à la demande en France. Ce nombre devrait croître
par l'enrichissement des catalogues existants et l'arrivée
de nouveaux acteurs comme le loueur de DVD en ligne, Glowria.fr,
qui prévoit la mise à disposition d'un catalogue
de 8 000 titres.
S'il est encore trop tôt pour se faire une idée
de la répartition entre lestreaming et le téléchargement
à la location ou à l'achat, les professionnels
sont d'ores et déjà convaincus que la VOD
a sa place dans l'équilibre économique de
l'industrie audiovisuelle française. Une prise de
conscience bienvenue alors que les premiers accords entre
producteurs et acteurs de ce secteur sont encore frais et
qu'il reste de nombreux points à régler concernant
la rétribution des auteurs et producteurs de documentaires,
d'émissions ou de reportages.
*Etude réalisée par NPA Conseil, intitulée
« Le développement de la vidéo à
la demande en France et en Europe » et financée
par l'API, l'ARP, la CSPF, la Procirep, le SPI, l'UPF, l'USPA,
la SACD et le CNC.
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